Identification de biomarqueurs pronostiques et diagnostiques : réponse aux glucorticoïdes chez les patients atteints d’hépatite alcoolique

Responsable : Laurent Dubuquoy

Workpackage : WP4

L’hépatite alcoolique est la forme la plus sévère de maladie alcoolique hépatique associée à un risque élevé de mort prématurée. Les symptômes sont non spécifiques avec de l’hépatomégalie, de la fièvre modérée et une jaunisse récente. Ainsi, le diagnostic requiert une confirmation histologique, laquelle est un défi clinique pour le patient et le clinicien puisqu’elle repose sur une biopsie transjugulaire très compromettante chez de tels patients, en plus d’être invasive et douloureuse. Le diagnostic est important puisque les symptômes sont similaires à ceux de la cirrhose décompensée pour laquelle la gestion du patient est très différente entre ces deux conditions.

En outre, le traitement par corticostéroïdes est le seul à être efficace en cas d’hépatite alcoolique, améliorant la survie dans 60% des cas. La réponse aux corticostéroïdes est évaluée après 7 jours de traitement, par le score de Lille, qui combine quelques variables cliniques et biologiques incluant l’âge, la présence d’insuffisance rénale le taux de bilirubin et l’évolution pendant les premiers jours de traitement. Dans les cas où le score est inférieur à 0.45, les patients répondent favorablement au traitement avec une survie de 6 mois dans 85% des cas. En cas d’absence de réponse aux corticostéroïdes (score de Lille supérieur ou égal à 0.45), le taux de survie à 6 mois ne dépasse pas 25%. Puisque les patients atteints d’alcoolique hépatique sont beaucoup plus sensibles aux infections, il est important d’arrêter le plus tôt possible la corticothérapie si elle est inefficace. Il est donc essentiel d’identifier des biomarqueurs capables de prédire la réponse aux corticostéroïdes et ainsi améliorer la prise en charge des patients.

Ces travaux s’appuient sur la cohorte « targetOH » que nous avons développée dans le service d’hépatologie avec plus de 400 serums de patients avec une cirrhose alcoolique avec ou sans hépatite alcoolique répondant favorablement ou non aux corticothérapies. Le profil protéique de ces 3 groupes de patients est comparé aux serums de patients contrôles dans le cadre d’une collaboration avec C. Flahaut (Institut Charles Violette, Lille, France) visant à une campagne MALDI-TOF-MS à haut débit développée par E. Heuson (Plateforme REALCAT, Univ Lille, France). Une expérience préliminaire avec 10 patients dans chaque groupe a déjà permis d’identifier un spectre modifié pour une serum albumine spécifique dans le cas de patients atteints de maladies hépatiques alcooliques, ainsi que d’autres biomarqueurs qui restent à être caractérisés. Les analyses bio informatiques sont réalisées en collaboration avec la plateforme Bilille (https://wikis.univ-lille1.fr/bilille/).